Se défendre
Le premier obstacle pour se défendre est de trouver un lieu d’écoute et d’accompagnement . Le second obstacle reste la compréhension des mécanismes de la justice et le coût final d’un procès. A quelle juridiction s’adresser et comment la saisir ?
En fonction de la nature du litige le demandeur doit saisir le tribunal à la fois territorialement et matériellement compétent. La compétence territoriale est généralement liée au domicile de la partie défenderesse, mais peut être également liée soit au lieu où s’est réalisée la situation conflictuelle, soit dans certaines matières être arrêtée au choix du demandeur entre le lieu de résidence du défendeur ou de lui même. Un litige civil (divorce, pension alimentaire, garde d’enfant), relèvera de la compétence d’un tribunal civil qui pourra être sous reserve d’un troisième type la compétence d’attribution, le Tribunal d’Instance ou le Tribunal de Grande Instance.
Que faire si son enfant est embrigadé ?
Ne pas le juger, le condamner trop hâtivement pour ses choix ou son engagement.Toujours lui rappeler qu’on respecte sa liberté d’opinion même si on en souffre, évidemment.
Rester lucide face aux nombreuses sollicitations dont vous ne manquerez pas d’être l’objet, si votre enfant revient vers vous à l’instigation de son groupe, en agent prosélyte de sa communauté d’adoption.
Se protéger de ses demandes répétées d’argent, des chantages affectifs et autres tentatives de séduction qu’il déploiera pour vous ramener à ses thèses.
Ecouter ses arguments puis rappeler sans animosité vos divergences de vue en laissant toujours une porte ouverte au dialogue, en évitant de tourner en dérision ses prises de position même si elles paraissent totalement délirantes.
S’il se montre vindicatif face à d’éventuels refus de le subventionner, on peut essayer de contourner ses exigences en lui montrant l’affection qu’on lui porte d’une autre manière : par exemple en lui offrant de petits présents personnels dont son groupe sectaire n’aura aucun usage.
Ne pas le braquer. Le braquer ou lui poser des ultimatums ne ferait sans doute qu’empirer les choses.
Même armé des meilleures intentions du monde, on risque alors de renforcer chez l’adepte une paranoïa déjà largement entretenue par la secte.
Garder le contact. Si un enfant devenu majeur quitte le foyer pour vivre au sein de sa communauté, il faut absolument trouver un moyen de garder contact avec lui, même s’il ne s’agit que d’échanger des banalités, de faire « comme si » tout allait bien…
Le but est d’éviter de le laisser se marginaliser, se mettre en rupture totale de famille et de son passé.
On doit constamment tenter de le ramener à soi par de petites astuces, des invitations ou des nouvelles de ses anciens amis, des vœux ou des messages chaleureux à l’occasion des fêtes et des anniversaires ; en bref, multiplier les occasions et les prétextes pour rétablir le lien, en veillant toutefois, à ne jamais le lui imposer par la contrainte.
S’il est déjà pris dans un système très coercitif, il est fort probable que les membres de son groupe contrôlent, voire détournent sa correspondance. C’est pourquoi, lui adresser des lettres de reproches ou des missives larmoyantes serait totalement contre-productif.
Maintenir une « fenêtre » ouverte sur le passé.
Dans les cas les plus graves, on ignore où il se trouve et l’on a alors plus aucun moyen de le forcer à revenir.
Au cours de cette période particulièrement délicate à gérer sur le plan personnel, on peut tromper son angoisse en enquêtant discrètement (auprès de ses dernières relations, sur son lieu de travail, à sa banque…) pour essayer de le localiser au plus vite.
Dès que l’on connaît son adresse, lui adresser un petit mot sans aucun reproche ni signe manifeste d’inquiétude, constituera déjà un premier pas. Autant de moyens de lui signifier d’une manière ou d’une autre qu’il est aimé et qu’on pense à lui. En maintenant ouverte cette « fenêtre » sur son passé, on donne paradoxalement à l’adepte une vraie perspective.
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